MI-MONDE

Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 21:25

 


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       Ma Sorgue                                                                                                                                       Tous droits réservés T.P




MI - MONDE

( Extraits)




  

L'ingénieux outil se forge ses libertés.

 

-

 

Sans bride est le cheval qui guide l'amour.

 

-

 

Que se répande toute couleur, que se répande lumière après lumière, que se répande ma forêt, ma forêt-rivière, au plus loin, ma forêt, pour que je puisse saisir dans le vert-exuvie le merveilleux venu à moi.

 

-

 

Épilogue dans le versant de l'indistinct, un lieu rompu à l'exil, aux longues allées de terre fuyante, brassée d'aurores, corolle de nuits. Épilogue.

 

-

 

Le fautif se plaint d'un ciel sans nuages, l'aube dévidé de l'abîme s'interroge encore; ô jour, porteras-tu le vertige au delà de ses liens ?

 

-

 

Le bleu montagne appartient au noir de l'orage. Sur cette hauteur tout se noue dans une incommensurable distance, c'est le lieu déserté de l'aigle qui ne s'entrevoit qu'une fois.

 

-

 

Les longues feuilles lointaines des avanies donnent au ciel sa couleur de sous-bois.

 

-

 

Les folies agissantes ouvrent l'espace aux oiseaux, main quérulente des vignes où s'appauvrit le don.

Visage d'un autre monde presque effacé, malicieusement oublié, appogiature d'un dernier signe peut-être, nous tenus par un cri qui donne naissance.

 

 

-

 

Le désastre Heidegger

Un feu bien mal acquitté qui ne profite qu'à la destruction.

 

-

 

Et puis nous passerons à table entre le bien agir et le gai savoir, ouvrant la porte à l'inconnu insatiable qui règne dans l'iris de nos yeux...

Sans mise en scène une fugue nous ravit, nous transporte dans la ville et la rumeur, indispensables toutes deux dans le civil des pleines solitudes.

 

-

 

Coeur immobile dans le diadème du visage; la mort s'apprête à vivre.

 

-

 

Les mots sur le versant de l'inexprimable musique viendront élégir leurs probités.

 

-

 

Un feu lointain, bleu, qui atténue la brûlure des nuages.

 

-

 

L'esquive est l'attitude morale de toute immobilité.

 

-

 

Choisir la sublimité de la poésie c'est excéder sur le grimaçant qui stigmatise tout le reste.

 

 

 

-

 

L'autrui que l'on malmène au dedans de nous et dans l'irréconciliable dehors du congédiement.

 

-

 

La sécession se boursoufle et l'âge s'avance un peu moins hautain, vers ce tout où se mélange les parties de l'inconcevable.

 

-

 

Son trouble: des rêves enfuis, sans mémoire, qui s'enroulent dans l'instant présent de sa vie.

 

 

-

 

Un champ et ses chevaux qui vont, louablement le siècle silencieux de la vie, si lointain dans ce longtemps approché, l'âge, la lumière, l'épreuve désirée de Gérard de Nerval...

 

-

 

Feuilles qui virevoltent dans la féerie taciturne du vent, feuilles douloureuses et libres qui enchantent le bel hiver quand le plaisir de l'orage remonte de vos tiges, feuilles de la douceur des pierres, feuilles bruissantes dans le langage du tournoiement et de l'enfantillage, feuilles piaffeuses qui ne se lassent jamais que pour recouvrir le sommeil appauvri des hommes.

 

-

 

Émouvantes montagnes, burons des grandes prairies, le souci de l'étrange où viennent le silence la furie, ô mon ange que je garde en mémoire pour ces montagnes, ces burons, ces grandes prairies, réunis bien au-delà de l'homme, bien au-delà des multitudes, ô mon ange azuré, piqué d'étoiles rouges et bleues, étoiles dans la danse et sur le visage d'un jeune homme plus bleu encore que le désordre d'un jour, que le désordre d'une nuit.

 

-

 

Histoire qui n'est plus l'histoire mais un nival de l'éternité s'appâlissant pour devenir le Sancy de l'étoile Bételgeuse, elle seule gravide dans le visible et l'océanie de l'inconnu.

 

-

 

Tournent les roues des étiages anciens,

sur cet or où l'enfance ploye,

là-bas vivent peut-être silencieusement

les grands cormorans,

à l'avant des monts

un visage éclatant.

-

 

Torche aux actes décisifs, soyez le moment pressenti de l'enfant, l'heure primordiale de toutes lumières, le jeu complet du monde...

-

 

La vue dans l'émoi de l'ajour, le blé-arondelle de la dernière moisson où l'axe du soleil nous permet toutes les infidélités avec la neige éprise de sa montagne.

 

-

 

Ce n'est pas la poésie qui manque le plus cruellement au désoeuvrement du monde, mais le poème qui découvre et recouvre et déplie la pensée dans la totalité de penser.

 

-

 

Nuit au-dessus de l'étang, la ligature du ciel encore dicible dans les feuillets de l'âge, le voler d'amour multitude des châlins que l'on laisse venir à terme sur les chimères de l'orage, sur l'aiglure ascendant d'un arc-en-terre, piège idéal des grands éperviers, terre et ciel césurés dans le cratère du siècle où se fige un écrin.

 

-

 

Tout l'abîme s'auréolait, les montagnes, les séracs, les empyrées...

 

La victoire sourdait et devenait paysage, la louange du ciel dégrafait les habits d'un dieu apaisé.

 

Un opéra s'ouvrait, et, sur la ligne courbe d'un silence parfait, ton regard s'intensifia et poursuivit si avidement son rêve, que de vieilles demeures apparurent et s'écroulèrent dans le gigantisme de tes yeux: une victoire avait vécu, une défaite avait surgi.

 

 

                                                          

 

 

Par Tafani Patrick - Publié dans : MI-MONDE
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