VISAGE ET MAGNITUDE
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Lorsque l'illusion se
rapproche de la chimère, un trait d'union fulgure de cette rencontre où vrille l'instant de connaissance.
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Il faut se sentir corps pour croire à quelque spiritualité.
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On ne triche pas avec une âme malheureuse même si l’on se repose dans son âme.
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Dans les heures morales le temps s’arrête simultanément avec ces bribes de lumière qui nous conduisent à revoir le tic tac de nos montres.
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Prendre avec les yeux c’est déjà déchirer toutes les comparaisons futures, c’est déjà se concilier avec un passé recomposé, c’est se fuir dans un silence d’éboulis, lassé et le regard en poussière.
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Je pourrais dire que le premier langage est celui du rêve, mais le rêve ne dit jamais le premier mot.
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Passage de l’ultime. Qu’il est étrange de ne plus se rappeler des mots que nous venons d’écrire...
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Dans la profusion de sensations qui m’envahit, je n’évalue pas de dosage spécifique pour nécessairement sentir le bout de conscience inadéquate qu’il me faudra vivre.
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L’éclair dans l’éclair répété.
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Le défaillant chemin orthodoxal instaurerait le règne des contrebas hauturiers.
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Le champ incliné où paresse l’ardeur.
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Il suffirait que l’incompréhension nous parle pour saisir irrémédiablement les degrés de notre vigilance.
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Le sommeil des anges est une vérité qui nous éveille; l’entrée triomphale de l’aube dans les vignes du matin.
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Je ne vois en moi que deux êtres innombrables, celui qui se tait et celui qui ne parle pas.
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Une victoire inconsolable...
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L’inédit de la conscience, une part d’immanence électrique que l’on attribuerait aux rêves immémoriaux des pierres avec les solennités vertigineuses d’une architecture dispendieuse de l’espace.
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Il reste le vent et la coursive des vents; le coeur soutenu d’oracles et le coeur dans le rebond de l’oracle.
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L’ennui ne déraisonne pas le désir, il lui applique seulement la sentence du geste épuisé.
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Dans la crispation de Dieu pour retenir le don de ses mains il y a la souplesse inouïe de celui qui ne possède rien.
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On ne mesure rien dans l’éclipse d’un visage, et l’on devient guetteur de l’inaperçu comme ce corps que l’on devine sur un souffle de vent.
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Nous sommes, dans l’âpreté de l’hiver, les sentinelles du désert enfouissant nos pas dans la bourre des forêts.
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J’ai choisi l’ivresse pour me souvenir de l’évaporation grandiose du réel.
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Le monde qui rêve est un monde pour toi, toi qui te délivreras de ce monde.
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Il est étrange d’être ébloui lorsque le miroir se brise.
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J’ai longtemps attendu et l’attente fut brève.
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Sur deux soleils la nuit-circaète se pose; elle accomplit le céleste, l’ubiquité de l’éclair.
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Brouillage dans l’embouchure des mots où par poussées telluriques viendra l’écriture, assainissant l’autel des Dieux, tel un soleil glissé dans un pilulier de glaise.
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La magie c’est ce manque de dignité que nous décelons dans chaque chose. Dignité procédant de l’intime magicien qui ruse à se dérober sur la rude immobilité de la flamme.
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L’hérétique et “son mauvais penchant” d’avoir absorbé toutes les impuretés de ses contempteurs.
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L’invisible est traversé de part en part, la juxtaposition des mondes par d’autres mondes est une limite si aveuglante qu’on y bouscule la nuit, son chant et sa stupeur...
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Il y a la disparition et la distance qui nous unit à ce lieu des possibles où s’interdit notre dignité en lambeaux.
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C’est dans la fragilité de notre pensée que se concentrent toutes les forces clandestines aptes à retenir la plus grande magnitude de nos tremblements.
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Il y a dans l’absence une présence instinctive, un point centré de l’écart, une possible ascension dans les tréfonds tumultueux du gouffre, un nom si immobile que l’absence devient le pour quoi de la présence.
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Ce jeu de face à face, ce jeu éternel qui guide l'éternité...
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Pas de silence mais un lac où des mains lasses se revivent dans l'ancien souvenir de la montagne.
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Difficile mon amour, ce fil de vie, difficile...
Layon dans l'envers de l'azur, des écritures qui remontent du fleuve, ce fleuve mat aux brûlures de mers, difficile mon amour, ce fil de sang; la lumière convoitée dans l'arène des larmes.
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Vénus acronyque, la grande surface sentimentale s'étire de l'entaille à la blessure. Rares sont les mots de l'astre, le tournoiement du langage sous l'averse anguleuse de tout partage; irréelle la hauteur qui tombe et revient au souvenir, cette image de faillance qui monte dans la coulée des cieux.
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