Dimanche 6 juillet 2008






 

                                                                                    Tous droits réservés


   


                               VISAGE   ET  MAGNITUDE
 

 

 

 

 

 

 

Loin, loin, dans l'arrière et l'avant, très loin,

Loin de l'irrespirable ville et loin de ces faces maudites

Dont les noms sont inscrits en relief sur mon coeur,

Loin et haut! où se creusent les vallées d'eau froide,

Où le silence est le diadème des fronts verts

Où le sentier côtoie une mémoire abîme,

Où tout est frais! chargé d'or bleu! éclairé loin

Un jour par une joie et qui fut surhumaine.

 

                                         Pierre Jean Jouve        (Moires)

 

 

 

 

 

 

 

Dans le flot incessant de l’étoile, il y a une mer, une mer elliptique semblable aux espaces qui se réinventent sous l’eau vive des yeux.

 

-

 

–“Où as-tu laissé traîner ta langue, serpent” ?

– “Sur des parapets de sel bleu”.

 

-

 

La conscience musicale est le seul lieu où l’ordalie s’efface, où le Dieu qui revient se retire avec tous les visages du monde.

 

-

 

Homme de l’espace, toi qui tournoies, toi qui dépasses l’immobilité et la vitesse du rêve, ton seul projet est-il celui du serpent ?

 

-

 

Chrysalide dans la souche profonde de la pierre avec l'élévation souterraine qui rend la montagne si vaste au bleu de neige.

 

-

 

Le grand regard du bonheur, celui qui ne cache rien que le rien qui le pervertit.

 

-

 

L’avilissement c’est ce chemin qui contourne la parole ailée des ronces et s’enfonce dans le procès des yeux vers la ville d’en-bas...

 

-

 

Je suis navré disait Dieu, lorsqu’il parlait des hommes...

 

-

 

On se résigne au chaos car on s’encage dans l’ordre et le désordre; fatuité des saccages.

 

-

 

Déjà le ciel avait fui dans les limites de mes yeux, mais d’autres viendraient sur des regards plus acceptables, tels des oiseaux dans la révocation des nuages.

 

-

 

J’étais sur le toit du monde à prendre dans mes mains cette terre pleine de lumière et de lacs, là où le silence converge avec la rumeur des eaux, là où la forêt ouvre toutes ses fenêtres une à une sur la montagne bleue...

 

-

 

Ainsi nous serions nos propres bourreaux. Initiatique déraison, il est peu probable d’offrir, à son corps défendant, le fruit et la flèche, de désarçonner l’élite avec la volatilité des palefrois d’or; très haut encore, il est peu probable de se retrouver semblable à l’ombre parée qui pousse soleil et vent, à mieux se dévêtir.

 

-

 

Qui peut se délivrer, d’un coup d’aile, de l’illusion, sinon l’illusionniste ?

 

 

 

 

-

 

Ce que tu dérobes à la vie, la vie te le rendra mille fois. Hypothèse de la soustraction.

 

-

 

Le rêve est le lactée de la nuit et du jour succinct; là préside le feu qui ne brûle pas, le souffle qui n’atteint pas l’oracle des lèvres.

 

-

 

Sommet des présages, clémence du voyage.

 

-

 

Toutes ces mémoires qui s’égayent de tragédie.

 

-

 

Le peu d’arbres qui nous restent se hisseront toujours à hauteur de forêts.

 

-

 

Atténuons nos heures, ce sont des minutes précieuses.

 

-

 

Le seuil est un retour, nous sommes dans l’incroyance du départ.

 

-

 

Les modestes de l’effort vous attendent à l’arrivée.

 

-

 

Des pointes d’assiduité mêlées aux stases de la nonchalance.

 

-

 

Ah, croiser en chemin l’assassin qui ne vous touche pas !

 

-

 

On peut vivre sans aucune surface dans le regard, la profondeur suffit.

 

-

 

Le gravier d’eau colore l’oeil du nourricier, c’est l’entame d’un bonheur hypothétiquement carnassier.

 

-

 

Le dogmatique c’est l’arrachement de la roche à ses racines de mer; il faut être un dans une version du multiple.

 

-

 

Les mains propres de celui qui oublie, les mains salies du souvenir... Est-ce le respect de la présence qui à contre-courant s’assagit ?

 

-

 

Nous sommes sans règne lorsque nous souffrons de nous gouverner.

 

-

 

Acquérir l’espace, c’est jouir de l’enclave.

 

-


 

Avant la conscience la mort n’existait pas, l’inoubliable était ce que le souvenir révoquait.

 

 

 





































Par Tafani Patrick - Publié dans : VISAGE ET MAGNITUDE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Pages

Présentation

  • : PATRICK TAFANI. LES ÉCRITS.
  • parelie
  • : littérature Littérature
  • : A l'écart de l'espace médiatique et du Temps, Patrick Tafani reste une énigme dans la poésie française avec des textes hors du commun. (Sienne Éditions)Vous trouverez de nombreux extraits de ses différents recueils dont : Fin de non-recevoir, Blauvac ou l'éloignement des mots. l'arbre qui marchait sur les pas de l'écureuil, Roi, Jade et parmélie, Un temps de mémoire, Saumanes, Dynaste des lointains, L'homme de Parélie, Éternité, Déterritorialité, D'Autres oiseaux voleront plus loin...(Copyright
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Derniers Commentaires

Présentation

  • : PATRICK TAFANI. LES ÉCRITS.
  • parelie
  • : littérature Littérature
  • : A l'écart de l'espace médiatique et du Temps, Patrick Tafani reste une énigme dans la poésie française avec des textes hors du commun. (Sienne Éditions)Vous trouverez de nombreux extraits de ses différents recueils dont : Fin de non-recevoir, Blauvac ou l'éloignement des mots. l'arbre qui marchait sur les pas de l'écureuil, Roi, Jade et parmélie, Un temps de mémoire, Saumanes, Dynaste des lointains, L'homme de Parélie, Éternité, Déterritorialité, D'Autres oiseaux voleront plus loin...(Copyright
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Texte Libre

Pages

Pages

Blog : Santé sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus