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LE JEU PERDU
Et de notre héritage, que pouvez-vous craindre, le glaive, le saccage, qui montent du désert à l’enfer ?
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C’est dans l’invisible que s’archimage les formes, toutes les formes du visible qui ne se prononcent pas.
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Possible le retour des liens, le retour des siens, possible cette liberté mise bout à bout dans l’opéra des glaciations.
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Fixes nous avons traversé le vertige séismal du feu, grégaires à tout jamais, nous choisissons la volatile imprécation du velléitaire qui s’éprend des cycles répétitifs et fécondants de la boursouflure planétaire.
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En se signant l’homme n’est plus qu’un facétieux transept, un reflet dans le potentat des nefs; à l’Est où la ligature se transmet de clocher en esplanade.
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La mer est sans regret; elle n’est pas mère de sa parole inachevée.
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Le sable sous des tenues de soirée et les haillons de vos coeurs; qui peut sourire de ce partage entre ceux qui savent et ceux qui croient jouer à l’équitable ?
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Penser D... c’est déjà agir sur son nom et lui préférer nos énigmes et notre passivité. Penser deux fois D... c’est déjà s’assagir, périgée d’un autre monde, c’est peut-être contempler, le phragmite qui vacille dans ce qui est le chant épargné de sa demeure.
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Danse, vous voici ma fidélité! d’herbes, d’écorce ou de fleurs, véraison dans l’anneau du ciel, ma fidélité, dansez, dansez oiseaux!
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L’emphase de Cioran: lui attribuer le risque écartelé de la concision monarchique.
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Le bleu ne dort jamais, il est dans l’histoire élogieuse du jour et la finalité courbe de la nuit.
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J’ai suivi les oiseaux blancs au-delà des miroirs et des constellations, las des feux violents j’ai innocenté le vol noir d’un pays en sueur. Sous la roche pourrissante du flot, j’ai vu naître la torche des grandes clartés aveugles, sur le chemin céleste de l’ombre pourpre, laissé en prière mon abandon aux fenêtres ouvertes...
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L’intimité obscure qui nous presse à vivre, loin de nous-même, à la recherche de soi.
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Même le vent cède...
Dans le champ triste où de vieux chevaux portent l’échancrure de l’espace, une ligne d’orages fourmille et cingle sous le dais de la bride et de la retenue; le souffle s’évide et les guerres parlent d’effroi, le fardeau se souvient des ailes et de leurs tourments, le vertige foulé dans la litigieuse canopée corrompt ses luttes, digne est le fouet, l’épopée de la vomissure.
Même le vent cède sous la poussée des baliveaux.
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Un peu comme ces nuages, si hauts, qui fixent l’éphémère, ces irrévocables nuages...
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Toute solitude détruite est une mort que l’on n’apprivoise pas.
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Jadis la fête se logeait dans l’épiage et le bleu de la montagne, la fête qui unissait les hommes comme l’écorce à son arbre, dans le voile miraculeux de l’entente.
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Et puis ce fut la curée où l’homme devint rare et l’animal victorieusement absent.
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Dans les airs l’eau bleuissante érodait les mains studieuses de l’orage, et l’éclair aux aspérités ligneuses fendit la pierre dans le sabre de la forêt.
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La haine aurait-elle de tout temps giflé le ciel, lacéré la terre, pourfendu les mers ?
Par les légendes, par les regards, avec ceux qui courent, volent, marchent et s’immobilisent, la haine avait-elle dans chaque homme voûté, tracé sa route, ouvert son but ?
Rieuse, la haine aurait-elle de tout temps pris l’homme à parti, l’homme joué, l’homme triché, pour que rien ne vive ?
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Suis-je rameau, fils de l’arbre, ombres et chevaux lorsque la nuit se cabre, sittelles, roseaux, penchés sur le pli de la terre ?
Suis-je rameau éperon sinople, amande de lutte choisie par le lierre ?
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Palissade, la nuit en écueil fourche le langage des pluies et l’effarade décisive change assidûment le voile cendré de la lune.
C’est un pays où se noue le visage avec l’angle de la pierre, fusante et jadis honorée, palissade, la nuit en écueil fourche le langage des pluies.
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Nous nous partageons indéfiniment jusqu’aux étoiles, divisant le vide qui se crée dans la partition des mondes.
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