Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 20:08

 

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PATRICK  TAFANI

 

 

 

 

CLÔTURE  DE  LA  PAROLE

 

 

 

 

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 Les éditions  de l'Inaperçu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Extraits)

 

 

 

 

 

Sécheresse  en  sueur

 

 

Le règne situé des abdications

 

 

Le maître mot des bretteurs s'adonne à des ruptures spacieuses, une pensée malheureuse qui s'invite au bal des primats.

Fleuve déshabitué dans le charroi des nains, le maître mot usité et émondé des canopées en son ciel bas de hautes futaies.

La captive mémoire déplace les fontaines, élève le vide, se bague d'apparat, ô futur en érosion, fusée inaccoutumé; la perpétuité en monde possible.

 

*

 

 

Dans l'ordre du mensonge la vérité commande à se défier d'elle...

 

*

 

 

Dans l'immensité décroisée de la conscience il n'y a pas de pensées strictement heureuses, et pourtant l'on peut en convergence gravir le doux courant d'une pensée fluente nous envahir.

Telle est l'indicible tiédeur de notre condition et de notre persévérance.

 

*

 

 

Si tu rends captif le vent, les éléments te rendront prisonnier de toi-même et des autres. La soif d'un feu ajouté au vent est inextinguible. Paradoxe de l'enfermement.

 

*

 

 

Pavot - verger - ivresse, là où se simplifie l'enfant volière et le rouge feuillage, horizon penché longtemps encore sur nous, nous mis en abîme et titubants de soleil.

 

 

*

 

 

Crispation des yeux sauvages, le futur en voilure groupé par les vents, les terrestres vents condamnés à mourir en mer peu profonde, hauts comme des firmaments en mal de partance, insaisissable paresse posée, un point de fixation extrême du plus mouvant des lointains.

 

 

 

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Livre disponible en grand format

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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 19:07

 

 

 

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JADIS  L’ÉMERVEILLÉ

 

(extraits) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sens équivoque est l’accession au principe. A toi d’être l’évocateur foudroyant des lettres en rafale.

 

 

 

 

L’inoubliable oublié

 

Pays aussi profond que l’oubli, du glacier à la résurgence, de mon regard à mes lèvres, une seule étole passe le souvenir ; Amie.

 

Il a fallu se battre avec ce cœur qui grandissait démesurément à nous étouffer de ferveur.

 

Teddy, Vincent, Nicolas, dans la sarabande du ciel vous m’attendiez.

 

La route ou la rivière, quelle importance aujourd’hui ? Le choix jadis nous chérissait de sa promesse pour gravir les contrées inhabituelles de l’instant. Le reproche peine à refaire surface et les dieux absentés sont des dieux présents, pareilles à vous, Sophie, Marion,  Cécile, vers ces rives de l’improbable que l’indifférent n’atteindra jamais.

 

 

 

 

 

Les nuées à l’ancrage

 

Un ciel en mouchoir de poche, quelques canopées au kaléidoscope et à l’intensité de l’observation, c’est suffisant pour se rapprocher de soi.

 

Le multiple des mondes sur l’aspérité du rocher comme un ponçage, un palimpseste où tout se réécrit de l’éphémère à la permanence des amusements.

 

La mélodie de l’univers viendra d’un piano kalkbrenner, d’un violon ysaÿe, et ce sera tout. Là l’ineffable prendra la pose de l’immensité, du sans fin, mais seulement la pose car dans ton jardin qui tremble et qui sourit, les fleurs accompliront le discret bonheur de la révélation et de l’instant.

 

Les nuées à l’ancrage, c’est le désiré sans désir, presque un lieu sans les contours du lieu, une émeraude ricochant sur les doigts d’un virtuose un peu fou, un peu blagueur, mais se reprenant très vite pour nous montrer, en transcription finale, ce qui ne peut et ne pourra jamais se voir.

 

 

L’aurore quelquefois t’accompagne, l’aurore bien née qui retient ton cœur sur le seuil des jardins d’Italie. Penchée elle soulève l’âme, la rend audible pour un silence en partance vers les rives luxuriante où Ilya Kaler t’attend.

 

 

L’homme qui marchait devant ferme la marche.

 

 

J’aimerais que tu sois peintre ; au moins ma solitude serait ta compagne, il y aurait comme une convergence foudroyante que peu de personnes décèleront par la suite. Mais quel poids les indifférents peuvent-ils avoir sur nous ? Autant croire qu’un coup de pinceau mal assuré accomplit  l’œuvre future.

 

 

Rouge-gorge, je sais ton qui-vive, ta peur secrète ou ta peur mise en lumière, mais peu importe le triomphe et la défaite sur le pli de la neige, rouge-gorge, tu pourrais faire rougir les hommes avec ton âme au-dessus de ta tête.

 

 

Soleil, auprès de tes fantômes, de ta guérison, n’éclipse pas le ciel pour la mer et attends parmi l’imaginaire du vide que ton âme revienne en toi.

 

 

 

 

L’homme du XXIème siècle aura atteint l’inatteignable. Des mondes auront jailli, des mondes auront failli et, peu à peu l’aller retour ciel et terre, terre et ciel, aura aboli le proche et le lointain, l’avers et le revers, tout chose s’équivalant faute d’une équivalence de sang.

Le sommeil perdu, le rêve corroie la bride du prodigieux effondrement ; l’humanité portant poussière avec ce manque de temps qui ferme à jamais, le temps de l’histoire et la fin du parcours.

 

 

Un bleu où la lumière se cache pour mieux s’aventurer dans l’échancrure noire du jour, puis comme une forêt éclissée par la ferveur des oiseaux, un ciel béryl mélange sa  palette pour y mordre le soleil qui par habitude s’enfuit.

 

 

Cette pierre dans l’ornière du chemin a vécu sa préhistoire. Cette main pariétale sur la griffure de l’innommable apparaît pour l’enfance qui te revient au travers d’un ciel froid et dégagé ; une solitude de fin de vie.

 

 

 Canisses

 

Patience au vent pour que la mer puisse s’étourdir au pouls de notre immense faim qui monte dans l’instant vers le seuil du départ.

 

 

 

L’épiphanie gravide c’est l’astre conquassant.

 

 

Exuvie vicariante : phénomène anatomique des enchanteurs et autres marchands éplapourdis d’eux-mêmes.

 

 

Une vacance de conjugalité entre l’horizon fusionnel difficile à étreindre et ce présent inadmissible difficile à ressentir en moiteur sous les pierres sèches des grands cyprès.

 

 

 

Le plein soleil dans le vide du cœur c’est un transir rapproché de la brûlure, une haine lumineuse que l’amour adoube vers le sublime et le hasard laissés à quelques rois.

 

 

 

Lorsque le feu se mélange à d’autres feux ce n’est pas un feu qui apparaît sur le lointain des hommes mais un vent étésien palpable dans la beauté de sa nuque.

 

 

Ce sont de vastes contrées dans les énigmes du souvenir. Des choses inaperçues mais tenues et ressenties sans aucune équivalence, un flou si lumineux que la foudre en personne recule d’un pas.

Une souvenance épiée par l’oiseau de Keats, par la vie utile d’un jour sans suite ; une épreuve pour l’esprit, une victoire pour le corps.

Avec les lèvres le parfum, le goût du Claret sur l’aile d’un Hermès que le divin peut redouter sous le labeur harassant de l’immobilité de l’ombre et de la retenue.

 

Pendant les silences sa voix m’envahissait, là dans ce jeu merveilleux de la droiture et de la chute, un oiseau jaillissait de la terre et touchait immédiatement le ciel dans un invisible mouvement d’ailes qui résonnait comme un tonnerre.

 

 

1888

 

Cette année là les couleurs et l’énergie du monde avaient été créées.

 

Créées par un homme qui avait faim qui avait froid peut-être, mais ce semeur d’éternel ne s’en souciait pas, il était de cette terre où le seul fait de vivre maintenait l’équilibre indicible avec le ciel et avec le reste du ciel. 

 

Par delà les risques du temps, il se souvient des épiages infinis, de l’orgueil des moissons, et sa main tendue de lumière fit venir sur la toile un soleil sans pareil parmi toutes les couleurs fécondes de sa novation.

 

L’épiphanie des oraisons merveilleuses ; cette tension électrique dans l’archimage des métaux monte au torrent où s’accoude  le feu.

 

Du chaos à l’ordre, du mal au bien, de ce qui meurt à ce qui vit, de l’amour au désamour, il ne resta que le feu.

 

Le feu de Vincent.

 

 

Qu’il se lève ou qu’il tombe le soleil garde le même esprit, du jaune orangé au rouge troublé, il semble  se grandir, enfant cacique jouant dans les branches bleues du jour ou de la nuit sa guérison inespérée.

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 19:56

 

 

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HÖLDERLIN  OU LE  FUTUR  D'AUTREFOIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Se fonde chez Hölderlin le lent soulèvement de la terre jusqu'aux étoiles, féeries de l'âge des titans qui plissent l'essieu nival de l'univers pour ne retenir qu'un souffle, le souffle débordant de la main qui se déplie.

 

 

 

V

isage désordonné de Friedrich Hölderlin, visage impérieux des futaies dans l'équilibre du feuillage désuni, visage-médian où se risquent l'ubac concis de la parole avec les vastes rémiges qui aimantent, sans cesse, le pli de l'oeil vers l'aveuglat des fauconniers.

Pourquoi ce tournoiement, ce visage de neige? Cette colossale légèreté inquiète, vole, virevolte et va de plain dans l'ajoure des abîmes.

Il est une réponse bouleversante, une main de l'enfance qui affine patiemment le sureau de son âge et l'ente aux herbes-fleuves des musiques, à l'archet-tille des prairies, à l'exploration infinie d'une poche de terre, d'une part de ciel... des bouts "en bleu adorable" qui s'informent d'un monde, un monde qui infonde et fonde les dieux.

Les dieux et les grandes élégies, puisque les cimes en sont pourvus, puisque déjà l'hymne en est le verbe. Le tremblé de Hölderlin emporte le feu, l'éclair, l'adieu, un creuset de l'illimité terraque sa vie et ce seuil instable pressenti depuis Maulbronn, visage nommé où la Grèce fulgure sur ses parapets d'innocence et de loyauté.

La Grèce, la fascinante qu'il veut rejoindre pas à pas dans le haut lignage du risque, dans l'insuffisance même des dieux, afin d'y écrire le manque éternel de ceux qui portent complétude.

Et le merveilleux s'avance sur le miroir de l'amour, semblable au Neckar, où se fortifie le mythe qui étendra sa liberté et sa poétique pour les générations futures, celles qui ont compris l'accord du monde entre le sacré et l'effroi de l'homme.

Douce et intrépide fontaine de Castalie, la mémoire revient avec les amis d'un jour ou de toute une vie, fontaine qui redonne la parole, la pure parole de l'oubli et de la souvenance, comme la fleur se détache du fruit et invite le feuillage à se tenir au plus près de la vie. Cette vie dans la question du voyage, cette vie dans la question de l'incertitude lui appartient invariablement dans le choix qui le tourmente, dans le choix où mûrissent ses clartés d'invincibilité.

D'innombrables oiseaux dans les forêts d'Hölderlin, mais le chant lointain surprend toute solitude, lui rappelle la séparation, la primordiale séparation de ceux qui s'aiment et s'aimeront sans fin comme l'archipel d'un même coeur. Diotima est venue et le foudroiement s'accomplit, la blessure se referme pour s'ouvrir à nouveau dans l'hypogée de la nuit, dans le murmure de l'étoile... Et les dieux déjà s'étonnent de voir l'ombre s'étourdir de lumière et briller si fort, que l'émerveillement et la saccade en sont aveuglés.

Dans ces confins où ne règnent ni passé, ni futur, deux êtres vont se rapprocher avec ce qui est la dilection suréminente, la frondaison des jours, l'alliance de chaque distance de vie, le chatoiement imperceptible de l'empan de l'âme, la naissance-faconde de l'amour avec l'amour.

Mais l'archimage avec les dieux, Hölderlin la sait improbable. Au sommet de l'inexprimé, le trouble, l'écueil, la convergence et l'effondrement amoureux sont constants, l'éternité est close, c'est la défaite ouverte de se croire victorieux.

Est-ce l'inconcevable chute qui monte jusqu'aux yeux, est-ce le jeu scandaleux de tout temps vécu ou pressenti, l'entaille dans la munificence appauvrie du ciel, la déchirure sur le repli des canopées, le bâillon de l'ange et le saut de l'enfant qui réciproquent le vertige au néant, le feu à l'apparition?

Hölderlin se dessaisit encore, il laisse l'opulence des "barbares" se refléter sur les miroirs de l'inquestionnable réel, laisse se dissoudre la nouaison céleste pour les lassitudes et la résignation de Hombourg et de Nürtingen. L'Amour en son Amour, dégrafé; ses yeux se sont perdus, ses mains n'ont plus senti la foudre du désir et du corps, et la communion des amants se déconstruit, pour se bâtir ailleurs dans l'indicible givre solaire et l'instant ivre des dernières étoiles dicibles.

Diotima s'apothéose et retourne au ciel. Seule la poésie s'inaugure, seul la poésie se diffracte dans sa closerie de lumière pour mieux rendre à l'Ouvert tout ses possibles, seul l'inouï du poème reste.

Désormais l'oeuvre diamantée maintiendra ses laves d'origine, mais poussera plus loin le langage au delà de l'inconnu. La solitude d'Hölderlin devient sanctuaire-créatif; montagnes, fleuves, oiseaux, accompagnent le don magique d'évoquer l'imprononçable. Le "chant" fulgure en "destin, des lieux se créent, des lieux reviennent, Patmos renferme l'Unique, l'aigle futural déplie ses ponts, sur la mer dans ses vaisseaux d'or le lierre remonte vers son île bienheureuse, l'orage et sa force de concilier terre et ciel, évincent le courroux des abîmes, portent le don dans la voix des volcans, essaiment la vie dans le tonnerre des silences. Peu à peu le verger devient Neckar, le Neckar devient verger, tout peut se réunir à présent et garder sa propre image; le mot est prononcé.

Hölderlin est parti, parti si loin que sa main nous touche, nous brûle un peu, lorsqu'une rivière améthyste et neigeuse nous vient au visage, lorsque comme un rire retenu des dieux fervents viennent jusqu'à nous, et, d'une dernière perfection, s'élève un chant unique dans le ciel.

 

Viel tuet die gute Stunde.[1]

 

 

 

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 Recueil  " LES MILLE  VISAGES ".

 

Éditions de L'inaperçu  (Droits réservés).

 

 

 

 

 

 



[1] L'heure élue peut beaucoup.  Friedrich Hölderlin, traduction Armel Guerne, les Romantiques Allemands, Phébus libretto, page 55.

Publié dans : HÖLDERLIN
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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 15:20

 

 

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PRÉVENANCE

 

 

 

 

 

 

 

 

Après tant de malheur, qu’avons-nous acquis de l’illusion du grandir ? Quelles cendres blanches dans le tardif de la nuit ont dispersé ces lettres de feu ? Quelles traces sur le corps dévasté des dicibles se sont dessinées, perceptibles à la rédemption des choses et de leurs attributs de joie et de tristesse ? Quelle est cette heure ample, considérable, fixant sur le cadran du dessouvenir, l’âge glorieux de tous les temps, de l’étoile filante, de l’oiseau qui attend ?

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’or du regard, sur l’inexprimable montée des rêves, il fait nuit souvent… Et l’on voudrait se défaire, comme s’anéantissent les nuages, de tout langage hasardeux, de toute lenteur dénonciatrice, être le diamant miraculeux, le colossal enfant qui ordonne l’explosion.

 

 

 

 

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Texte in " CLÔTURE  DE  LA  PAROLE ".

 

 

 

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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 14:51

 

 

 

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PIERRE  SOULAGES   LE  SOLEIL  OUTRENOIR

 

 

 

 

 

 

 

 

   Soulages, et la lumière arrêtée par les étincelles, par la couche de froid, jadis et à présent, étirée sous un feu primordial, le noir ici n’est jamais noirceur mais beauté béante à travers l’aubier d’une nuit repliée. La texture semble se mouvoir en une longue et matricielle immobilité mais c’est déjà la controverse de cœur qui est plus frappante depuis que ce coeur a uni la nuit dans sa noble élucidation.

 

   Seule et à vif, la couleur possède l’amplitude du nadir où l’ostensible se fraye le passage des arches pour  apparaître mélangé d’abîmes et de merveilleux.

   L’étoile se recentre dans le nulle part de la forêt ; c’est le plein jour de l’évidence heureuse, de la magie surdimensionnée des lointains. La patience de la surface se fait profondeur et la taille-douce et sa morsure composent le vertige et la naissance de l’encre qui se répand et s’édifie.

 

   En creux, le litige de la fluidité et de l’épaisseur s’exonde, la transformation s’apparaît, se dévisage puis s’estompe vers ce noir amoureux, ce noir charnel qui se courbe, s’aventure dans la matière, le feu, la création.

 

   Pierre Soulages travaille et sillonne le cuivre jusqu’aux confins du risque vers ces territoires inavoués, tempérant les soucis de l’inconnu.

 

   A l’arrachement, le point culminant, l’effort drapant la gravure ou la toile, la suite titanesque, le désir d’effondrement et d’élévation se succédant. Puis en une fulgurance fulgurée le commencement créé, le pli qui rend lumière, la lumière qui rend le pli, comme une main pensive se pose sur la liberté éprouvée du soleil outrenoir.

 

 

 

 

 

                                                                          ______

 

  

  

 

Ce texte fait partie du recueil " LES MILLE VISAGES ".

  

Les Éditions de  L'inaperçu.  (tous droits réservés).

  

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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 17:43

 

 

 

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FERNANDO PESSOA

 

 

 

 

  L’intranquillité et l’épreuve du monde dénouent le territoire assomptif de Fernando Pessoa. Les êtres sont comme des ombres dans une forêt d’épervier où passent l’aveugle et le chant orangé du contre- jour. A la surface, l’écorce improvise sa donation, sa porte fardée aux gonds de libration et sous la voûte exilée, le péril vicariant et la provende future.

 

  Pessoa, et le nom ferme l’irréel, le masque azuré de la personne avec l’initiale de palinodie des intrigants. Pessoa, les rues sont ton peuple et tu ne vis pas pour la nuit mais avec la nuit ; la nuit trompeuse, funeste et éclairante, deux doigts qui claquent pour le feu et avec son incendie.

 

  Dans la mesure où tu t’installes, les cafés apprivoisent la raideur de ta nuque, la fascination de tes mains, le choix du pli sur la table qui s’apprête à remettre à l’esprit la damnation d’amplitude de Leibniz.

 

  Le miroir pacifie ton verre, le met en abîme, et le prodigieux lutte vers des contrées de jeux où les cartes abattent leurs quatre rois.

 

  Mais qui appelle aujourd’hui, guetteur de rive ou de rivage, est-ce le voyageur immobile, est-ce l’homme de l’intranquillité ? La part est incertaine entre imagination plénière et contre imagination, entre chaos prophétique et forme d’engendrement ; le futur est l’apostume du présent.

 

  Le temps s’ébruite, se fait plus pressant entre les tempes, le sang gicle en bordure de lac, la contraction est nival ; viennent l’émeute, la crise morale et le dur sourire de l’aliéné.

 

   L’aube recrute ses haleurs, le poids des  chevaux décroise les cordes, arrime l’ouragan, l’absurde remonte la pensée jusqu’au vertigineux retard de l’acrobate. Les points dans le ciel, à l’arrière cour une saison en fleurs et une tonnelle ; de Campos, Reis, Caceros, Soares, boivent un thé au jasmin.

 

L’amitié avait soudé l’inconnu comme on maintient un nageur dans l’étrave des galions. L’effort de scruter les lisses divisait les flots entre courroux et désarroi ; ils étaient partis de l’évocation des alliances, ils revenaient dos à dos avec effroi en duelliste de l’âme et du corps.

 

 

L’intériorité avait un sens, une chair, une peau, un esprit, un indicible. C’était vers ce delta de bras que Pessoa mettait toute la centralité et l’expérience pléthorique de la vie, ou de ce qui abondait, colossalement fusant à la vie. Au-delà de l’indépassable de l’œuvre l’imminence créée par le supérieur de l’absence ; cette colonne d’amour, de feu et de sang frappant de part en part le corps de quelque chose, éloigne le fatuaire et son escorte de prédiction vers les confins d’irréductibilité du soleil final.

 

Bruissement, une levée de pavois, au loin silencieuse, avance vers les amers de Lisbonne pour l’étoilé du connu et de ce qui ne se dévoile pas encore ou jamais en un sillage clandestin, mot après mot jusqu’aux brumes du dicible.

 

L’inconnu ne se convoque pas, son évocation même est fumée, mais la trace qui reste dans l’indéchiffrable est comme un crépuscule qui redessine les contours des choses tenues et lointaines. Pessoa, c’est ce qui s’approche indiciblement de nous et qui pour le dépli d’une main referme tous les cœurs pour qu’ils battent plus fortement encore avec l’unique et le singulier.

 

 

 

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 Ce texte fait partie du recueil " LES MILLE VISAGES ".

 

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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 10:46

 

 

 

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ANDRÉ  DE  RICHAUD  OU  LA  FOLIE  EXTRAORDINAIRE

 

 

 

 

 

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                                       Droits réservés                          TP         

 

 

 

 

  Homme de l’équinoxe et des neiges d’été, étole des jeunes filles où se tisse la toile d’argent du papillon fourbu, jamais autant d’abîmes sous le silence des hauts versants.

 

 

 

  L’absence inconditionnelle de ceux qui vivent parmi les anges. Ce songe est imparfait, accroché à d’immenses territoires tenus par une seule main, main blessée contre le rocher de l’incroyabilité, la main d’André de Richaud.

  Faut-il aujourd’hui la garder contre son cœur comme un grand oiseau épris d’une liberté de dormition ? un grand oiseau démultiplié pour une seule demeure ; la montagne de tous les vents.

  Puis il y eut la pierre et ce dessin dans le ciel, le voir et le parlé erraient toujours sous un aspect de sang glacé, derrière la valeur des chemins jouait la péninsule du silence qu’un autre silence plus lointain apprivoisait à la rumeur qui ne devait rien aux caravaniers de l’écho. Et après ?

  Cœur éclaté déjà et sans tache pour l’invisible titubant des rivières heureuses, pour ce feuillage d’aujourd’hui augmentant en blondeur les labours d’autrefois, tout un hommage d’épiage et de tremblement venu du bord des lèvres, du bord des yeux, où se referme le vrai visage, le visage du mot et de l’ombre aussi saisissable qu’insaisissable. Et après ?

  André de Richaud ne revient pas sur ses pas ; la Fontaine des lunatiques c’est la jeunesse splendide et effondrée, le sang et la saignée, une musique exprimant l’inexprimable, un nu penché presque enivré, une saisie d’espérance, une stupeur dans l’argile ou le miroir. Et après ?

  Les temps demeurent comme les tonnerres font face au soleil, dans la poche du ciel un mouchoir rouge reste attentif à la blessure qui se dérobe à la souffrance du cœur, à la main, à l’or des fontaines. Et après ?

 Après, la musique extraordinaire de tout un monde revient, et le ciel fou encore très bleu, s’apparente à la nuit.

 

 

  Jour, et ce fut le corps absent qui s’éprit de l’œuvre des pierres ; la main en voussure désigne les nuages, l’écriture fuyante dans le calame des eaux.

  Jour, et ce fut l’ouvrage, la matité des astres, la noirceur cannibale du nombre, l’infini assiégé, piétiné, dans la liesse des troupeaux.

 

 Nuit des ornements imprémidités sur  la terre innocente à l’orée des bannissements, le vieil usage dans la peau des loups ; le feu de la horde et ce jeu imprécis qui demande au silence sa fierté implacable. C’est la béance, le plein empire froid et dérouté d’André de Richaud.

 

 Une jeune mariée avait peut-être bu l’or des fontaines, sur ces chemins aux couleurs orangé près de cette ancienne demeure où s’instruit l’ébloui, où se perd comme la vie, le matin décisif.

 

Et le hasard avait pointé, comme une insolence parmi les anges, sa nécessité, sa course anormale à travers l’inconnu, son risque virginal d’attente et de beauté.

 

André de Richaud en équilibre sur plusieurs mondes, vers les crêtes ouvertes et tranchantes de Novalis ; mondes émondés du langage, névés éternels pour un glyphe-vertige résolvant toute la ligne alchimique des douleurs non écrites, des douleurs non pressenties.

 

 Les deux ombres rieuses d’André de Richaud ; la peur et l’aveuglat issus d’une rixe hasardeuse où tout a été compté au plus près de l’effroi, des forêts et des combes. Brouillard couché dans le ventre des saisons, brouillard seul advenu pour une clarté de neige, une opacité d’oiseaux merveilleux, un linge tendu à l’extrémité du vent, ce vent aussi puissant qu’un sommeil de forçat.

 Les pluies sont venues bien avant l’éclair, abeilles et escarboucles se succédant comme une mer en fusion réinvente en pensée l’immensité et la profondeur des vaisseaux de pierre qui s’enfoncent dans la terre.

 Et puis il y a la nuit, la nuit sans lisière, là où tous les arbres de la forêt s’ébranlent et marchent comme une armée en rupture, vers le désert des étoiles.

 Le Prince était donc venu. Il s’était assis près des remparts de Sault, sur ce rivage de haut lignage, et avait laissé à l’enfant bleu ses souvenirs futurs qui lui donneraient enfin la parole ; la parole silencieuse et sauvegardée.

 

 

 

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Liens autour de l'oeuvre d'André de Richaud : En préparation.

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Par Patrick Tafani - Publié dans : ANDRÉ DE RICHAUD OU LA FOLIE EXTRAORDINAIRE
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 17:47

 

 

 

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MIREILLE SORGUE

 

 

 

 

COMME UNE VILLE QU’ON VA PRENDRE

 

 

 

 

 

 

 

Que pouvait-il bien advenir de cette élégance sinon une beauté inaugurale, une radicalité heureuse de se déployer, un sommet aussitôt atteint et aussitôt à reprendre, presque comme une ascension qui s’épure d’un passé d’effondrement ?

Jamais jeune fille ne fut autant femme, jamais femme ne fut autant jeune fille.

 

Les rives se souviennent - nuages montés jusqu’aux tempes -, de cet amour du corps qui caresse l’esprit. La soif sur l’arc de la mémoire, cette rumeur facétieuse et mensongère du ciel et de la mer, de cette mer ouverte que l’on renvoie à l’océan. Mais l’éclat se noue aux labeurs du silence, ce silence qui préempte le désemparé, l’audace d’un dieu approché et compris dans sa nature d’improbabilité.

 

Le temps compté de l’écriture, elle le sut sans attache, en splendeur de la déliaison comme une ferveur récitée par le cœur des mots, des couleurs et de l’illusion pacifiée qui après les jeux de lumière, deviennent la primordialité de ce qui est saisi.

 

Son exigence est unique et c’est l’absolu. Devant tant de transparence grégaire, l’ombre reprend son droit ; dans une main le sable, dans l’autre main la cendre.

La lettre insigne et la non pareille se sont rapprochées et l’étoile d’Orion se range à l’aveuglat de l’univers, à une fin sans fin comme un vertige ressenti de très loin se prête au miracle.

 

Dans la nuit tardive, rue des Paradoux, il n’entend, il n’attend plus rien. Pas de preuve, pas de trace, le passant ne demeure pas. Il quitte la ville dans l’obscurité du noir, il s’interdit de rire, il s’interdit de pleurer, c’est un reste, c’est un vide.

Mais il reviendra par une autre porte située au Sud, il reviendra, bordant les rêves de Saumanes, du Thor, de Velleron, et là, seulement là, il pensera à elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Tafani Patrick - Publié dans : MIREILLE SORGUE COMME UNE VILLE QU'ON VA PRENDRE
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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 22:06

  
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 AVANT  LE  TEMPS

(Extraits)

 

 

Nous sommes poussés. L'ennemi est à portée de souffle, dans la gorge, le ventre, sur le litige des épaules, sur le faste des mains.

Lapidaire, elliptique, l'ennemi s'étonne, l'ennemi paresse, s'essouffle et reprend haleine. L'ennemi ton maître, ta méfiance avec si peu de défiance, cet ennemi, ami, qui ne ressemble qu'à toi.

 

 

Les vignes où nos souvenirs retiennent les lices. Pensives les longues allées à peine labourées délivrent le souffle des dernières vendanges sifflées par l'éclair traînant qui monte de la terre.

Un tissu de soie sur un visage d'abeille: la phrase ruineuse qui ouvre ses coffres.

 

 

Le temps qui casse le temps, le rend hors-temps.

 

 

Pour des pages déjà écrites soyez l'indulgence, le rire de l'enfant sur la balançoire de l'azur, le clignement des yeux dans le tympan du soleil, la douce rivière tumultueuse gravide sur ses rivages, l'épiage dans le désastre de la moisson.

 

 

Ce vert succédant au vert et devenant le mauve de l'orage.

  

 

 

Tout temps impose son cadran solaire. Des vides entrelacés forment la viscosité du charme quantique. Si lointain que la conscience se révèle plus lointaine.

 

 

Foudre et ivresse

Pauvre et riche Duc de Clarence qui voulut mourir dans un tonneau de malvoisie et qui mourut ainsi.

 

 

Proche l'absence, proche comme une main se lève et soustrait le temps à sa capacité de fuir. L'absence inclémente qui grandit à mesure que l'on s'éloigne, et que l'on garde invincible en soi lorsque les autres s'en libèrent, insolemment.

Injustice? Je ne sais et ne veux savoir. Une feuille encore vivace se détache et tombe dans le lac. C'est une absence aussi pour la multitude de la vie, feuille d'un vieil arbre rejoignant le fond insondable d'une calme conscience qui appelle et appellera toujours.

 

 

La nuit bouillonne de larmes et mon sommeil abstrait cherche les lumignons d'une paradoxale censure.

La vacance renoue ses hébétudes non dissimulables pour l'écriture.

Le repas homérique est donné; je vois s'attabler des visages écrêtés qui reviennent d'un été lacérant.

Fuyance. Allons aux collines, la mémoire est un aigle, elle cimente les cieux. Allons au delà de la mémoire, au delà de la voûte, un empire ne s'y pose pas mais tout un rêve afflue de mille rêves et se répète; rêve, rêve, rêve...

Indéfiniment                         dans                         l'univers.

 

 

 

"Tu avoueras dans le cloaque de ton mensonge, jusqu'au bannissement, jusqu'au bûcher".

Ainsi jasaient les bons prêtres de l'inquisition. Mais est-ce vraiment jaseries de prêtre et manières d'inquisition? Ne serait-ce pas là des paroles de tous les jours, portables à souhait?

 

 

Qui mieux que la musique nous invite à quitter les mots, à demeurer libre dans une impénétrable nuit-oxymore, et qui mieux encore, nous invite à revenir sur quelque mot imprévisible dans un pérenne déséquilibre qui blute l'intime et le lointain?

Ce lointain ricochant en prodige sur les timbales, les violons, les cors et les hautbois, ce lointain accouru sur la baguette du Maître et traçant dans les blanches et les noires un arc-en-ciel de feu, aussi haut qu'une aiguille montagneuse laisse se dilater les intimes alcyoniens.

 

 

Crainte du sommeil abusif

Si tu écris sans dépassement, ton écriture sera vite érodée, séchée, délitée... De cette roche poreuse et ballottée, il ne restera que reste de sable et cette banale chronologie qui de poussière en poussière réciproque et prolonge le désert.

 

 

Très largement imprégnée de grandeur la timidité des cimes.

 

 

Arsenal minier que le critère de penser.

 

 

On nous aura déshumanisés lentement, lentement afin que l'homme oublie tout le faisceau de lumière qui le fondait, l'originalité qui le portait, la lutte plénière qui l'anoblissait, la clef de voûte qui le construisait.

Où trouver le gué, l'ami, la pierre du franchissement, le dépliement du monde?

Les nouvelles aurores, celles qui sont hors-destin auront notre dilection, notre nudité. Et de jour en jour, sous un ciel silencieux, tout le ramage merveilleux des hôtes de la vie, lentement, lentement se fécondera.

 

 

On ne peut le matin s'ouvrir à l'enthousiasme et le soir se fermer à l'enthousiasme.

Paradoxalement il y a des mots imprononcés dans la conscience. Ce sont des mots-miroir.

 

 

La stupeur continuelle; la vie traversée. Où s'infonde l'instant. La flamme d'une bougie en libration du regard.

 

 

Incorrection. Les mots s'appauvrissent dans toutes les formes du langage. Brasure avec la tige d'appoint pour une soudure idyllique. L'âme et le corps.

Rendre le corps à l'âme, l'âme au corps, la grande réconciliation, la mythique épreuve de la vie lorsque la vie s'éprend de la vie.

Incorrection. Mais qui surprendre dans cette corolle neigeuse et astrée? Nietzsche dans l'appui matutinal de Kierkegaard?

 

 

 

 

Le feu et la hache du père, amandier longue blessure, branches tronquées où s'insère le travail guerrier de l'insecte. N'est-ce pas ainsi que la vie continue son oeuvre?

Mon bel amandier, j'ai souvent côtoyé la pauvreté de ton ombre, soleil de l'effroi. Patiemment et le dos tourné aux étoiles, j'ai retiré le feu et laissé meurtri la hache du père.

 

 

Coupable de quoi? Vous aviez assemblé l'orage, ses mille éclairs, ses poings de paresse, ses cuirasses d'ivoire, son jeu d'horloger, ce fou dérèglement de la grande aiguille passant les heures au crible des solstices émargés de colère retenue.

Coupable de quoi? A couvert, sous les grands cerisiers; le mahon abrite sa chimérique rougeur. Un profond labour sans feuillage et sans cheval de trait fume dans l'hiver des grillons. Le passé crie au midi des parchemins.

Coupable de quoi?

 

 



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Par Tafani Patrick - Publié dans : AVANT LE TEMPS
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 21:25

 


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       Ma Sorgue                                                                                                                                       Tous droits réservés T.P




MI - MONDE

( Extraits)




  

L'ingénieux outil se forge ses libertés.

 

-

 

Sans bride est le cheval qui guide l'amour.

 

-

 

Que se répande toute couleur, que se répande lumière après lumière, que se répande ma forêt, ma forêt-rivière, au plus loin, ma forêt, pour que je puisse saisir dans le vert-exuvie le merveilleux venu à moi.

 

-

 

Épilogue dans le versant de l'indistinct, un lieu rompu à l'exil, aux longues allées de terre fuyante, brassée d'aurores, corolle de nuits. Épilogue.

 

-

 

Le fautif se plaint d'un ciel sans nuages, l'aube dévidé de l'abîme s'interroge encore; ô jour, porteras-tu le vertige au delà de ses liens ?

 

-

 

Le bleu montagne appartient au noir de l'orage. Sur cette hauteur tout se noue dans une incommensurable distance, c'est le lieu déserté de l'aigle qui ne s'entrevoit qu'une fois.

 

-

 

Les longues feuilles lointaines des avanies donnent au ciel sa couleur de sous-bois.

 

-

 

Les folies agissantes ouvrent l'espace aux oiseaux, main quérulente des vignes où s'appauvrit le don.

Visage d'un autre monde presque effacé, malicieusement oublié, appogiature d'un dernier signe peut-être, nous tenus par un cri qui donne naissance.

 

 

-

 

Le désastre Heidegger

Un feu bien mal acquitté qui ne profite qu'à la destruction.

 

-

 

Et puis nous passerons à table entre le bien agir et le gai savoir, ouvrant la porte à l'inconnu insatiable qui règne dans l'iris de nos yeux...

Sans mise en scène une fugue nous ravit, nous transporte dans la ville et la rumeur, indispensables toutes deux dans le civil des pleines solitudes.

 

-

 

Coeur immobile dans le diadème du visage; la mort s'apprête à vivre.

 

-

 

Les mots sur le versant de l'inexprimable musique viendront élégir leurs probités.

 

-

 

Un feu lointain, bleu, qui atténue la brûlure des nuages.

 

-

 

L'esquive est l'attitude morale de toute immobilité.

 

-

 

Choisir la sublimité de la poésie c'est excéder sur le grimaçant qui stigmatise tout le reste.

 

 

 

-

 

L'autrui que l'on malmène au dedans de nous et dans l'irréconciliable dehors du congédiement.

 

-

 

La sécession se boursoufle et l'âge s'avance un peu moins hautain, vers ce tout où se mélange les parties de l'inconcevable.

 

-

 

Son trouble: des rêves enfuis, sans mémoire, qui s'enroulent dans l'instant présent de sa vie.

 

 

-

 

Un champ et ses chevaux qui vont, louablement le siècle silencieux de la vie, si lointain dans ce longtemps approché, l'âge, la lumière, l'épreuve désirée de Gérard de Nerval...

 

-

 

Feuilles qui virevoltent dans la féerie taciturne du vent, feuilles douloureuses et libres qui enchantent le bel hiver quand le plaisir de l'orage remonte de vos tiges, feuilles de la douceur des pierres, feuilles bruissantes dans le langage du tournoiement et de l'enfantillage, feuilles piaffeuses qui ne se lassent jamais que pour recouvrir le sommeil appauvri des hommes.

 

-

 

Émouvantes montagnes, burons des grandes prairies, le souci de l'étrange où viennent le silence la furie, ô mon ange que je garde en mémoire pour ces montagnes, ces burons, ces grandes prairies, réunis bien au-delà de l'homme, bien au-delà des multitudes, ô mon ange azuré, piqué d'étoiles rouges et bleues, étoiles dans la danse et sur le visage d'un jeune homme plus bleu encore que le désordre d'un jour, que le désordre d'une nuit.

 

-

 

Histoire qui n'est plus l'histoire mais un nival de l'éternité s'appâlissant pour devenir le Sancy de l'étoile Bételgeuse, elle seule gravide dans le visible et l'océanie de l'inconnu.

 

-

 

Tournent les roues des étiages anciens,

sur cet or où l'enfance ploye,

là-bas vivent peut-être silencieusement

les grands cormorans,

à l'avant des monts

un visage éclatant.

-

 

Torche aux actes décisifs, soyez le moment pressenti de l'enfant, l'heure primordiale de toutes lumières, le jeu complet du monde...

-

 

La vue dans l'émoi de l'ajour, le blé-arondelle de la dernière moisson où l'axe du soleil nous permet toutes les infidélités avec la neige éprise de sa montagne.

 

-

 

Ce n'est pas la poésie qui manque le plus cruellement au désoeuvrement du monde, mais le poème qui découvre et recouvre et déplie la pensée dans la totalité de penser.

 

-

 

Nuit au-dessus de l'étang, la ligature du ciel encore dicible dans les feuillets de l'âge, le voler d'amour multitude des châlins que l'on laisse venir à terme sur les chimères de l'orage, sur l'aiglure ascendant d'un arc-en-terre, piège idéal des grands éperviers, terre et ciel césurés dans le cratère du siècle où se fige un écrin.

 

-

 

Tout l'abîme s'auréolait, les montagnes, les séracs, les empyrées...

 

La victoire sourdait et devenait paysage, la louange du ciel dégrafait les habits d'un dieu apaisé.

 

Un opéra s'ouvrait, et, sur la ligne courbe d'un silence parfait, ton regard s'intensifia et poursuivit si avidement son rêve, que de vieilles demeures apparurent et s'écroulèrent dans le gigantisme de tes yeux: une victoire avait vécu, une défaite avait surgi.

 

 

                                                          

 

 

Par Tafani Patrick - Publié dans : MI-MONDE
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